33: Jour et nuit
par
Fernand Durepos

Pop-Rock, Montréal, vol.12, #13, le 24 décembre 1983

Qui aurait cru que, quelques années plus tard, il y aurait l'année du Freak de Montréal? 1983 couronne Francoeur de succès et le force à reprendre le collier... et le stylo à bille.
Francoeur, qui jouit d'un tube enviable avec son "Rap-à-Billy", en est déjà à élaborer pour 84. Il y aura en effet un disque live qui proviendra des shows du Club Soda et, en avril, un disque-double. Montréal devient New York et Francoeur swing et rock à toute vitesse. "Jour et Nuit" nous amène un Francoeur sensible face à la texture culturelle du jour. Un Francoeur qui se met up to date avec "Micro Pop", pièce emplie de synthés, qui gagne le peloton avec son petit rap. Mais Francoeur, de l'encre au sillon, garde toute l'essence de son personnage. On retrouve ces musiques rocks post-nostalgiques, ces phrases poétiques minimalistes situées entre les Gitans et les loubards, entre le soleil et le métal.
Bien sûr, il faut prendre Francoeur avec un certain sourire. Il brosse toujours ce portrait honnête et souvent désabusé de notre folklore social. Sa reprise adaptée de "Wet job", de Fingerprintz, vous le prouvera hors de tout doute. Francoeur, mieux que jamais, désosse la réalité et inonde les clichés de son follow spot de lucidité. Son "Rap à Billy" va aussi en ce sens. Le beat de la chanson et la voix de Francoeur n'ont rien de la formule rap en vogue actuellement. Mais malgré des influences très variées, Francoeur réalise le tour de force de rester lui-même. Et il parvient à joindre des contextes et des modes différentes. Après tout, c'est lui qui parla un texte le premier au Québec et ce bien avant l'essor du rap de New York. Astucieux, non? C'est bien Francoeur, ça!


© Fernand Durepos
Reproduit avec l’autorisation de l’auteur


© 2002 Ronald Mc Gregor & Christian Morency. © 2002 Contenu Lucien Francoeur.
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