Francoeur à L'Imprévu
par Fernand Durepos
Pop-Rock, Montréal, vol. 14, #19, 29 novembre 1980
Notre rocker sanctifié aura donné ses derniers spectacles. Francoeur, qui occupait la scène de L'Imprévu avec ses quatre musiciens du 11 au 16 novembre, entre deux dialogues humoristiques malgré un certain cru a en effet déclaré qu'il désirait aller patauger dans la grande New-York City.
En testament, Francoeur nous a légué un bel album-souvenir sonore qui fut conçu à l'image de son concept rock où le punk-new-wave n'est pas oublié. Les oeuvres clés d'antan "Nancy Beaudoin", "Le freak de Montréal" où le chanteur devient adjudant du claviériste pour nous fournir une floraison de sonorités illicites, "Hey you woman" et "Ch't'aime pis ch't'en veux" furent croisées aux airs nouveaux comme "Aurore la punk", personnage de la galerie féminine de Francoeur qui nous fait réagir encore face à la conception de la gente féminine, "Directement de Paris" (interprété de nouveau en rappel) ou "Les chocs électriques" où le musicien Alan Lord put s'évertuer de belle façon. Guitare effrénée dans une vague féroce.
Le moment clou fut peut-être la traduction impeccable de "Celebration of the Lizard" des Doors. Debout, vacillant ou même à plat ventre sur scène, Francoeur donne l'exemple parfait de l'intégration rock. Les vociférations se firent nombreuses dans une version musicale condensée mais acceptable et satisfaisante compte tenu de l'équipement rudimentaire ou presque des musiciens. Puis Francoeur, s'étant voué à un passage évanescent de son livre à paraître intitulé "Les rockers sanctifiés", offre à la surprise générale une version de "Cocaine" mise en situation dans l'univers des topless...
En rappel, une version de "Wet job" de Fingerprintz où la traduction urbano-sexuelle est délirante sur un accompagnement répétitif et envoûtant. On se rendit compte lors de cette version que le poète avait une bonne faculté d'adaptation littéraire. (J'allais oublier qu'un film fut réalisé lors des trois spectacles) Une retraite de combien de temps? Quand reverrons-nous les souliers à talon haut sur le "hood" de la corvette? Sacré Lucien, va!
© Fernand Durepos.
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