33:Dernière vision
par Fernand Durepos
Pop-Rock, vol. 14, #4, pg.37, 28 juin 1985
Dernier disque rock nous promet-il. Si cest le cas cest un adieu fidèle au Francoeur des derniers temps, au rockeur qui sue dans les sillons aux allures de péril.
Le rap à Shirley, qui va bien au-delà du Rap-à-Billy et où Francoeur maîtrise lart du rap, et Waikiki beach sont les possibilités commerciales du disque et feront chemin. Les pièces fortes à mon avis sont celles comme Breakdance, Gypsy rock et Terminal rockeur. De véritables saignées. Francoeur y semble heavy, à lécoute dun coeur barbelé. Pierre Bordelo est un allié parfait et on aurait avantage à découvrir ce guitariste. Il dégaine plus vite que Lucky Luke et ses solos ont leffet dun coup de lame de rasoir au coin dune ruelle quand on ne sattend à rien. Francoeur a fait de LÉternité dArthur Rimbaud un chant despaces et déchos. Sur Tatoo il se lance dans une vague funk et électronique. La variété semble être bien en vie dans ce témoignage dadieu.
Quand jy pense avec le recul, je suis convaincu que Francoeur na pas eu le support quil méritait. Au moins il restera ses disques pour les éternels amants du rock et de lAmérique. Que voulez-vous, les Québécois ont pris la mauvaise habitude de pousser ses meilleurs éléments à sexiler en France et Francoeur ny a pas échappé.
© Fernand Durepos
Reproduit avec lautorisation de lauteur
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