Dimanche dernier alors que je me dirigeais, en auto, vers Cool-FM, je vis le poète Fernand Durepos qui attendait l'autobus, devant le Dépaneur Dumond d'Outremont. Je lui ai proposé un lift jusqu'à la rue Sainte-Cahterine, coin Saint-Denis (il travaille dans une bouquinerie sur St-Catherine coin Amherst). Il est monté à bord de l'auto de Clo que je conduisais ce matin-là. Nous avons parlé de tout et de rien, de son dernier recueil de poèmes que j'aime beaucoup: une poésie urbaine, style riffs de guitare électrique, avec comme particularité des titres très longs, pour des poèmes très courts... comme le faisait Richard Brautigan (que je devrais relire immédiatement, d'ailleurs!)
Bref, parle parle, jase jase: défonces, dérives, le temps qui passe, les amis disparus, sa santé qui l'inquiète un peu (normal dit-il avec toutes ces nuits blanches...), et ses résolutions en vigueur avant la fin de l'année, à savoir entre autres de ne plus boire (sinon quelques bières), de ne plus manger d'aliments acides... je lui suggère d'aller consulter Mme. Thuy, dite Blanche-Neige, une naturopathe vietnamienne qui pratique dans Outremont depuis une vingtaine d'années, et qui tient boutique d'aliments naturels et biologiques rue Outremont, à deux pas du cinéma du même nom. Je lui confie l'avoir moi-même consultée à plusieurs reprises avec beaucoup de succès. Il se dit intéressé. On parle de l'état de santé inquiétant de Louise Blouin, une amie de longue date et marraine de Virginie; aussi de Bernard Pozier le poète, son conjoint. Je lui donne des nouvelles de Claude Péloquin, qui m'inquiète: faillite personnelle et mandats d'arrestation... Finalement, je le dépose comme convenu coin Sainte-Catherine et Saint-Denis (petit détour pour moi que je fais avec grand plaisir). Fernand devrait prendre soin de lui, il a reçu de sérieux signes de vulnérabilité physiologique et biologique... Il me raconte avoir passé une semaine dans un corridor d'urgence d'hôpital! Je lui souhaite une bonne journée et lui demande de me mettre de côté un gigantesque livre de photos de jazz, signé Claxton, légendaire photographe de jazz des années 50-60... le livre est dans une valise de carton. Un ouvrage longtemps épuisé et qui se vend 250$: Fernand me dit qu'il en a trois à sa librairie, à 140$ l'exemplaire. Ça m'en fera deux si je lui prends un... tout en double comme d'habitude... c'est le vierge inquiet en moi qui veut les choses ainsi, au cas où!
Finalement, j'arrive à Cool-FM jsute à temps pour ma chronique de 10 h 30 sur le show de Martineau. Ce dernier vient de recevoir un Gémeau la veille en guise de reconnaissance de son travail d'animateur. Il s'est couché tard. Il me dit m'avoir envoyé un courriel dans un état d'ivresse euphorique, mais que le courriel me reproche les sujets de mes chroniques qu'il jugea à ce moment, et dans cet état, comme insatisfaisant, et décevants... Je lui ai dit que je préférais quitter l'émission définitivement plutôt que de recevoir ce genre de reproches injustifiés et injustes... Je me suis levé pour quitter le studio et Richard m'a dit de me rasseoir en s'excusant et en insistant pour que je ne tienne pas compte de ce courriel, que je n'avais pas encore lu, et que je le détruise sans le lire... ce que je fis en rentrant chez moi, après l'émission, vers 13 h 30. Je lui ai envoyé un courriel lui confirmant tout ça en lui réitérant l'importance de notre amitié, une amitié qui devrait être au-dessus de ces chroniques radiophoniques dominicales, éphémères et circonstancielles... Et je lui ai répété que j'étais d'abord et avant tout un poète, non réductible à ce rôle de chroniqueur du dimanche, dans une émission qui «tire» à 20,000 auditeurs. Faut mettre en perspective! Donc, ainsi va la petite vie, la mienne en tout cas! Pas toujours facile de préserver l'amitié dans ce milieu... «Take this job and shove it, chantait Johnny Paycheck!» La tête qui gèle, le crâne qui craque, c'est moé le Freak de Montréal...