33 : Le retour de Johnny Frisson
par
Fernand Durepos

Pop-Rock, vl.14, #16, 4 au 18 octobre 1980


D'abord mentionnons que la pochette est très significative. Si le dépouillement du temps d'Aut'Chose semblait "tout nu" par moments, Francoeur est maintenant branché sur un courant et il élabore en se fixant des points de repaire à même ce courant (le pantalon de cuir et le reptile près de la ceinture révèlent ce caractère sur la pochette). Courant reptilien.

Tout ce tralala d'intro pour vous dire que ce microsillon contient de bonnes oeuvres dans lesquelles on retrouve des influences de Paris mélangées à une foule de contextes ordinaires que Francoeur a cependant fait tremper dans un symbolisme parfois profond.

"L'espion" est très intéressante grâce à son débit de possession qui vous inflige une sorte d'obsession par son instrumentation qui utilise entre autres un clavier graduellement intense et intégrant. "Des grands boulevards" et "Chocs électriques" sont deux bons rocks balancés frénétiquement. Francoeur, avec un râlement discret dans le filet vocal, vous transmet une opportunité d'attention. "Nelligan", qui fait des ravages, se distance d'une pièce comme "Cheap licks (pour Françoise Hardy)" dans la mesure où le crédit de la portée du texte est plus léger, alors que "Cheap licks" est une renaissance de symbolisme qui se manifeste par des éléments indicatifs tels le Snake Summer, les rockeurs sanctifiés, etc.

Un disque qui justifie les flashes de visionnaire de Francoeur qui était en procréation bien avant tout le monde. Un disque à la texture d'aujourd'hui qui nous prouve à quel point Lucien Francoeur sera encore unique demain.

© Fernand Durepos
Reproduit avec la permission de l'auteur





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